La figure 1 montre le schéma électromécanique d'un moteur pas à pas bipolaire à 4 pas par tours. AB et CD sont des électro-aimants et constituent le stator. Le rotor est un simple dipôle magnétique (aimant permanent). Si AB est soumis à une tension positive, la position stable sera l'alignement Nord-Sud indiqué. Si maintenant la bobine CD est soumis à une tension positive (et AB à une tension nulle), la position stable du rotor aura tournée de 90°. Le rotor a avancé d'un pas. Pour le prochain pas on alimentera AB en sens inverse, avec une tension nulle aux bornes de CD, et ainsi de suite. Le rotor tourne dans le sens horaire. Si on veut le faire tourner dans le sens trigonometrique, il suffit d'inverser la séquence précedente. Notons aussi que tant qu'une bobine est alimentée, le stator est fixé dans une position : le stator est bloqué, il faut un couple imortant exterieur pour l'en déplacer.
Pour faire tourner la moteur bipolaire, il faut donc dans un cycle inverser les tensions aux bornes des bobines. En électronique, il est cependant beaucoup plus facile d'appliquer un potentiel à un point unique plutôt que d'inverser une tension (le nombre de transistors est divisé par deux). On obtiendrait un moteur pour lequel il n'est pas nécessaire d'inverser la polarité en doublant le nombre de bobines (deux nouvelles bobines de même alignement mais de sens inversé), ou plus simplement en mettant le point milieu des deux bobines à une tension commune et en n'alimentant à chaque fois qu'une demi-bobine. En effet si le milieu de la bobine est à 0V, le champ magnétique est inversé selon que l'une ou l'autre des extrémités est alimenté par une tension V. (Comme une moitié de la bobine n'est plus alimenté, on perd cependant en rendment). Cette dernière solution constitue le moteur unipolaire biphasé.
Nous avaons vu ici le fonctionnement d'un moteur unipolaire biphasé
à 4 pas par tour. En pratique, on a besoin de bien plus de 4 pas
par tours ; pour obtenir un nombre plus grand de pas, on réalise
un grand nombre de bobinages et on utilise un rotor multipolaire (une espèce
de roue dentée dont deux dents adjacentes sont de polarités
magnétique opposées). Pour éviter d'avoir autant de
fils de connection que de pas par tours, les différentes bobines
sont interconnectées :
Les bobines 1+4n,2+4n,3+4n,4+4n (partant du point milieu) sont reliées
respectivement aux fils A,B,C,D. Le moteur est 'globalament invariant par
un rotation d'angle 360/(nbre de pas par tour)'. (C'est d'ailleurs aussi
cette propriété qui permet de démarrer un moteur sans
connaitre la position angulaire précise du rotor.)
Les moteurs unipolaires biphasés sont donc connectés au
circuit de commande par 6 fils (A,B,C,D et les 2 points milieu, parfois
ces deux dernier sont reliés dans le moteur et la connection se
fait par 5 fils). Supposons que le point commun est relié à
la masse (0 V). Si on code l'alimentation des fils A,B,C,D par un bit (1
pour +Vpp et 0 pour la masse), on peut résumer un cyle de rotation
par les tableaux suivant:
rotation droite:
ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD 1000 0100 0010 0001 1000 ...Rotation gauche:
ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD 1000 0001 0010 0100 1000 ...Mais il existe aussi d'autres modes d'alimentation :
ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD 1100 0110 0011 1001 1100 ...
ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD ABCD 1000 1100 0100 0110 0010 0011 0001 1001 1000 ...
La figure 2 présente une solution
simple et peu couteuse. L'ULN 2803 contient 8 Darlingtons (deux transitors
NPN en cascade) de puissance et des diodes de protections. Celles-ci, connectées
entre les pins 11 à 18 et le pin 10 permettent d'éviter (court-circuiter)
les surtensions produites par les variations brusques de courant aux bornes
des bobines du moteur (forte inductance!). Chaque Darlington peut supporter
jusqu'à 500mA, ce qui suffit pour des moteurs pas à pas de
puissance usuelle. Les risques d'échauffements sont minimes, puisque
les transitors fonctionnent en interrupteurs (soit pas de courant->U*I~0
mW, soit U~0,1 V, donc U*I<50mW). On voit que 4 darlingtons ne sont
pas utilisés : un seul ULN 2803 peut ainsi commander deux moteurs
pas à pas.
fig. 3
La figure 3 présente une variante
de ce montage, proposée dans Electroniqe
Pratique n°181, qui permet d'alimenter des moteurs pas à
pas consommant jusqu'à 1A par bobine. Les résistances R1
à R8 permettent de mieux répartir le courant entre les deux
darlingtons couplés et constituent aussi une protection de l'ULN2803
en cas de court circuit.
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