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Général
La réalisation de circuits imprimés
URL: http://www.ens-lyon.fr/~bkuhlmey/nik/ci.html
Le circuit imprimé (CI) est le support de tout
montage électronique : il est le lien aussi bien mécanique
qu'électrique entre les différents composants. Le circuit
imprimé est une platine de matériau composite recouverte
d'une (de deux) couche(s) très fine(s) (35µm) de cuivre métallique.
Le cuivre assure les liens électriques entre les composants, pour
que ceux ci soient conforme au plan du montage, le cuivre est soumis à
une photogravure.
La réalisation des CI peut se décomposer
en les étapes suivantes (le schéma électronique définitif
est supposé connu):
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La réalisation du typon (transparent)
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La découpe
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L'insolation du circuit imprimé et
le développement
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La gravure
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Le perçage
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L'éventuel étamage, les vérifications
et tests du CI
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La mise en place des composants, leur soudure.
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La réalisation du typon
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Dessin du typon à l'aide d'un des logiciels dont nous
disposons : EAGLEä ou LAYO1 (logiciels
pour PC). Objet d'une autre présentation si nécessaire,
mais il est tout à fait possible de prendre ces logiciels en main
tout seul moyennant un peu de patience et la lecture de quelques fichiers
d'aide. Soft eleves devrait se charger de nouveaux logiciels prochainement.
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Enregistrement sur D7 en format PostScript du/des dessins
pour transfert sur Sun, impression sur imprimante Laser, en agrandissement
x2
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Transfert des dessins sur transparent (par ex. à la
bibliothèque) avec une reduction de moitié de la taille du
dessin. Le passage par une impression en double taille permet d'optimiser
la définition.
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Vérification et éventuelle retouche manuelle
: Le transfert sur transparent via la photocopieuse donne parfois une opacité
imparfaite des pistes. Il faut contrôler les pistes et opacifier
les trous (souvent submilimetriques, mais pouvant quand même être
à l'origine d'une rupture de la liaison électrique) à
l'aide d'un feutre pour transparents, ou mieux de gouache spéciale
opaque (difficile à obtenir).
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La découpe
Découper l'epoxy à la taille du typon,
par exemple à l'aide de la scie circulaire du local du club nIK.
Et très important : limez les bords du circuit ! Sinon, le bord
a de très fortes chances d'être plus haut que le reste de
la platine, ce qui rend une insolation nette impossible (les ombres du
typonns sont floues, les pistes en résultant inutilisables).
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Insolation du circuit, développement
La platine est à l'origine une plaque Epoxy recouverte
de cuivre et d'une (de deux) couche(s) de résine photosensible (vendu
dans le commerce sous le nom de " Epoxy (simple/double face) présensibilisé
"). Un film protecteur opaque autoadhésif recouvre la résine
photosensible.
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Pour le simple face :
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Eviter de travailler en plein soleil ou avec un éclairage
halogène démesuré
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Décoller le film protecteur.
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Placer le typon sur le verre de l'insoleuse (attention à
l'orientation) et le coté cuivré sur le typon
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Allumer l'insoleuse pendant environ 180s=3 minutes (pour
mon insoleuse, 2min30s pour celle de Rémi) (chronométrer
!) (éviter de regarder les UV, c'est très mauvais pour les
yeux, et la peau aussi d'ailleurs. Recouvrir l'insoleuse de torchons par
exemple pour éviter les fuites)
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Plonger la platine dans un bain de révélateur,
commencer à agiter le bac après une dizaine de secondes,
continuer jusqu'à ce que le dessin apparaisse nettement sur un fond
cuivré
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Rincer abondamment à l'eau courante
-
Pour le double face :
Les étapes sont les mêmes, mais il faut
faire attention
-
à ce que les dessins des deux faces soient parfaitement
superposés
-
de ne pas insoler une couche à vide
Différentes méthodes existent :
-
Découper l'époxy exactement à
la taille de la platine finale et se servir des marques de bords de circuit
du typon pour caler l'époxy sur le typon. Dans ce cas, on enlève
la protection d'un seul côté, on insole la première
face, on révèle, on recouvre la face de scotch type emballage
(de la façon la plus étanche possible), on insole+révèle
l'autre côté.
-
La méthode JM, consistant à construire
un sandwich {typon première face, cale en époxy, typon 2°
face} dans lequel les deux typons sont déjà parfaitement
calés l'un par rapport à l'autre, de placer la platine (les
2 faces découvertes cette fois) dans ce sandwich, d'insoler le premier
puis le deuxième côté en retournant très soigneusement
le sandwich sans faire glisser l'époxy. (c'est délicat à
faire, mais ça évite tous le pb d'orientation que vous rencontrerez
avec la 1° méthode, et quand ça marche, le calage est
parfait).
Attention, le révélateur est essentiellement
(uniquement ?) constitué de soude => c'est corrosif, manipulez les
platines avec des pinces ou avec des gants.
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La gravure
La gravure se fait avec du perchlorure de fer (III)
(2Fe3+ + Cu=>2Fe2+ + Cu2+). Elle sera
d'autant plus rapide que celui-ci est chaud et agité. Vous pouvez
placer la platine dans un bac de perchlorure et attendre sans y toucher
quelques heures, mais il est nettement mieux et plus rapide d'agiter au
moins de temps en temps (surtout pour du double face, il faut retourner
le circuit de temps en temps). Nous disposons au local d'une graveuse,
qui s'occupe d'agiter à votre place (système à bulles).
Elle est artisanale, et fuit un peu (vraiment peu, de façon négligeable
le temps d'une gravure). Pour l'utiliser, veillez à la recouvrir
de (papier torchon par exemple) pour éviter les projections (inévitables
avec les bulles), et à la vider dans une bouteille après
usage (un litre de perchlorure permet la gravure de nombreux circuit).
Enfin surveillez le circuit quand même, la gravure n'est parfois
pas très homogène. Temps de gravure avec la graveuse : de
8 à 25 minutes, selon la T° du perchlo.
A la fin, bien rincer le circuit.
Attention, le perchlorure est corrosif (peu pour
la peau, mais bp pour l'inox, l'aluminium etc.) mais surtout
il tache les vétements de façon presque irrécupérable.
(Pensez à mettre la vieille blouse de chimie que vous aviez en sup)
Rq : La graveuse n'assure plus une gravure homogène
si les dimensions du circuit dépassent environ 15cm.
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Le perçage
Percer avec la microperceuse (foret diam. .8mm en
général) et son support chaque pastille du CI.
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Etamage etc.
L'étamage : il s'agit de recouvrir toutes les
pistes de cuivre d'une couche d'étain. L'intérêt est
d'augmenter l'épaisseur de la couche conductrice, de protéger
le cuivre contre l'oxydation ou autre, mais surtout de faciliter la soudure
des composants sur le cuivre. Ce n'est pas une étape nécessaire,
mais les résultat de la soudure sont vraiment meilleurs (et
plus faciles à obtenir) si le cuivre est étamé. Là
encore différentes méthodes existent :
-
L'étamage chimique : on trouve des flacons (<50cl
et >60FF en général) de solution pour étamage chimique
dans tous les magasins d'électronique. Il suffit de plonger la platine
dans la solution quelques minutes pour qu'une couche d'étain se
dépose sur le cuivre. (Il faut également bien rincer la platine
à la fin). L'épaisseur de la couche est de quelques µm
seulement, mais c'est en général suffisant. Le seul problème
est finalement le prix de la solution dont la durée de vie n'est
que de quelques platines.
Par ailleurs la solution contient de l'acide
sulfurique, elle est donc corrosive, les manipulations se font là
encore à l'aide de gants ou de pinces.
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L'étamage à chaud, dans un bain d'étain
liquide : On plonge la platine dans un bain d'étain en fusion. Cette
méthode donne les meilleurs résultats (couche homogène
et relativement épaisse, coût assez faible) mais nous est
inaccessible.
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L'étamage manuel au fer à souder : A l'aide
du fer à souder, de fil de soudure et de beaucoup de patience, on
peut recouvrir les pistes de cuivre de soudure manuellement. Ce n'est pas
du tout évident d'obtenir ainsi un étamage homogène
; la couche d'étain est souvent épaisse et irrégulière
et il est courant de boucher un trou destiné au passage des pattes
d'un composant. C'est lent, fastidieux et pas très esthétique,
mais il y a tout de même un avantage : Lors du passage avec le fer
à souder on peut découvrir des microfissures dans les pistes
et les réparer en les recouvrant de soudure ou au pire en improvisant
un pont avec un peu de fil de cuivre.
Si on n'utilise pas la dernière méthode, il
faut tout de même vérifier les pistes pour déceler
les éventuelles interruptions de pistes et les réparer. On
pourra examiner les pistes visuellement et/ou utiliser un testeur de continuité.
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Implantation des composants et soudure
Les composants électroniques sont introduits
dans la platine et soudés à leur place. On commence en général
par les composants peu encombrants, pour ne pas être gêné
pour les soudures suivantes. On peut également commencer par implanter
les straps (ponts de fils entre deux points de la platine) et les supports
de circuits intégrés ; l'intérêt
est de pouvoir ainsi tester aisément si les pins
de circuits intégrés sont correctement liés entre
eux, sans être gêné lors des mesures par les autres
composants.
La soudure : placer la panne du fer à souder de
façon à ce qu'elle soit en contact avec le cuivre de la platine
et avec la patte du composant. Laisser chauffer ainsi quelques secondes.
Ajouter de la soudure au niveau du contact. Laisser la panne encore quelques
secondes afin que la soudure s 'étale bien. Retirer le fer à
souder. La quantité de soudure apportée est un facteur décisif
pour la qualité de la soudure. On voit à la forme de la soudure
si la quantité est la bonne (cf. fig. 1 )
Fig.1
Une bonne soudure apporte une meilleure tenue mécanique
du circuit, évite les faux contacts très lourds à
" debugger " et améliore aussi le contact électrique. (Notamment
dans les applications audio Hi-Fi ou dans les applications haute fréquences
la qualité de la soudure est primordiale).
Encore quelques conseils en vrac :
-
Essayez de toujours d'utiliser des supports pour les circuits
intégrés, ça facilite grandement le débuggage
et la réparation. En plus certains circuits (surtout les circuits
intégrés) sont sensible à un échauffement excessif
lors de la soudure. (En général le constructeur conseille
un temps de soudure < 10s par pin avec
des pauses entre les pins)
-
N'oubliez pas que sur un circuit double face, il faut souder
les composants des deux cotés de la platine (lors de l'implantation
des composants, il faut laisser suffisamment de place entre la platine
et le composant pour avoir accès avec le fer à souder aux
broches entre la platine et le composant.
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Vous pouvez une fois le circuit fini, le recouvrir d'un verni
spécial, qui évite les courts-circuits (par exemple quand
un tournevis se glisse sous la platine) et donne un aspect très
" professionnel ".
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Pour la réalisation de circuits plus importants, essayer
de prendre contact avec Pascal Mauduit en enseignement physique, qui apparemment
aurait un peu mieux que notre petite graveuse artisanale.
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Quelques mots sur les différents types de circuits
imprimés:
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Les circuits imprimés "époxy" sont constitués
de résine époxy renforcée à la fibre de verre.
Très solides et résistants, nous ne travaillerons qu'avec
eux.
-
Les circuits bakelites, dont le support n'est plus de l'epoxy
et de la fibre de verre, mais plus ou moins une résine de moindre
qualité supportée par du papier (si je me souviens bien).
Pas très résistants, pas très beau, ils ont tendance
à devenir frayable en vieillissant. Ils sont aussi un peu moins
cher.
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Les circuits multicouches, composés comme le nom l'indique,
de plus de deux couches de cuivres : ils sont formés d'un sandwich
complexe de plusieurs couches d'epoxy et de cuivre (en pratique rarement
plus de 8 couches de cuivre). Très utilisés en microinformatique,
ils ne peuvent pas être produits par un amateur.
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Les circuits à trous métallisés. Les
trous dans le circtuit sont métalisés après perçage.
le différentes couches peuvent ainsi être reliées électriquement
sans soudure manuelle. Par ailleurs les composants n'ont ainsi pas besoin
d'être soudés des deux côtés de la platine. La
métalisation suit le même procédé que le dépot
de la couche de cuivre initale sur l'époxy et n'est donc pas accessible
à l'amateur. Il existe des rivets de métalisation de trous,
mais il faut alors prévoir de percer un trou bien plus grand (1,2
à 1,6 mm au lieu de 0,8mm), donc prévoir des pastilles bien
plus grandes, ce qui pose un sérieux problème notamment pour
des pistes passant entre les pins d'un circuit
intégré (espace pin à pin: 2,54mm). Ils posent
souvent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent.
La soudure est vraiment facilitée sur un circuit
à trous métaliés ; ainsi, la plupart des 'kits' d'électronique
sont fournis avec des platines à trous métallisés.
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Merci à Nopid et à Tokyo pour la version
PostScript qui ne marche toujours pas.
Pour les suggestions, commentaires ou renseignements:
mailme.
Page conçue par Boris Kuhlmey, 1997, 1998.