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Réalisation par câblage
Réalisation par câblage
Le but de ce chapitre est de vous montrer comment mettre en oeuvre un Grafcet
à l'aide de composants d'électronique ToR (portes et bascules).
Vous pouvez, si vous ne l'avez pas encore fait, consulter mon document
traitant de ces composants et des bases théoriques nécessaires
à leur utilisation (algèbre de Boole,...).
Cas sans problèmes
Nous allons d'abord voir les cas simples, par une méthode qui ne
vérifie pas intégralement toutes les règles du Grafcet.
Si j'en parle, c'est parce que les cas nécessitant plus de précautions
sont rares et faciles à identifier.
Grafcet linéaire
Il suffit d'utiliser une bascule RS par étape. Une étape
est allumée si l'étape précédente est active
et que la réceptivité d'entrée est vraie. Dans le
cas d'un Grafcet linéaire, on désactivera une étape
quand la suivante est active. Ceci simplifie le câblage, mais ne
respecte pas toutes les règles du Grafcet (en fait cette méthode
fonctionne dans une très grande majorité de cas, nous traiterons
les cas litigieux plus loin dans ce document).
Soit le Grafcet :
 |
On peut gérer de différentes manières
l'étape initiale. Dans la plupart des cas, le plus simple est d'utiliser
des bascules se mettant à 0 à la mise sous tension, et d'initialiser
l'automatisme à l'aide d'un bouton que je noterai ici "init", qui
peut également servir à réinitialiser le Grafcet en
cours de fonctionnement sans éteindre le système. |
Notons, pour l'étape numéro i, son entrée Set par
Si, son entrée Reset par Ri, sa sortie Qi. Etudions l'étape
2. Elle s'allume si l'étape 1 est active et d est vrai (S2=Q1.d).
Tout le temps quelle est active, la sortie X est allumée (X=Q2).
Elle s'éteint normalement quand la réceptivité de
sortie est vraie, mais (comme précisé plus haut) nous allons
attendre pour éteindre l'étape 2 que l'étape 3 soit
active (donc R2=Q3), et donc être sûr que l'étape 3
a eu le temps de prendre en compte l'information. Elle peut également
être éteinte par init, puisqu'elle n'est pas initiale.

Il suffit de répéter cela pour chaque étape et
relier le tout. Le schéma de câblage du système complet
sera donc (j'ai gardé la même disposition que le Grafcet,
mais retourné de 90 degrés, les électroniciens préfèrent
les entrées à gauche et les sorties à droite) :

L'étude de chaque étape est simple, la principale difficulté
est le routage (c'est à dire relier le tout), surtout si l'on veut
faire un circuit imprimé (où les croisements de pistes sont
impossibles). D'autant plus que chaque composant doit être alimenté,
mais je n'ai pas représenté ici les alimentations. Mais il
existe désormais de bons logiciels de routage.
On peut déjà conclure que si la mise en oeuvre d'un
Grafcet par câblage n'est pas très compliquée, la modification
est pour le moins difficile. En général, on préférera
refaire un nouveau câblage si l'on désire modifier le Grafcet.
De même, le câblage a intérêt à être
complètement testé dès sa réalisation, la recherche
d'erreurs après coup étant bien plus difficile.
Exercice : câbler ce Grafcet
de 5 étapes gérant une amenée de pièces :
 |
Cahier des Charges :
à l'appui de d (départ), on actionne un vérin
monostable par l'action SV, jusqu'à ce que la pièce soit
positionnée sur le tapis. Puis on attend 10 secondes (retour du
vérin), puis on enclenche le moteur du tapis roulant (MT) jusqu'à
ce que la pièce arrive sur le capteur a. Comme la pièce précédente
était peut-être en a au début du cycle, il faut attendre
un front montant de a, que je gère en attendant que a soit d'abord
relâché puis à nouveau appuyé. La temporisation
sera réalisée par un composant réglable (en fait un
circuit RC avec une résistance variable), qui donne 1 à sa
sortie si son entrée est à 1 pendant au moins le temps requis.
cliquez ici pour la solution |
Divergence simple en ET
Quand la transition est franchissable, il suffit d'allumer deux étapes
au lieu d'une. Le seul problème est la désactivation de l'étape
précédente : il faut être sûr que les deux étapes
suivantes ont eu le temps de prendre en compte l'information d'activation
avant de désactiver la précédente (si l'on désactive
dès qu'une des deux est active, la seconde ne s'activera plus).
je ne traite ici ni l'amont, ni l'aval, ni les actions, uniquement
les liaisons entre 5 et ses suivantes. |
 |
Ce câblage simple ne répond pas aux règles du Grafcet
si 5 peut être réactivé avant que 6 et 7 n'aient été
désactivées. Il en est de même si l'étape 7
par exemple peut être activée d'une autre manière (convergence
en OU). Ces cas sont cependant très rares dans la pratique.
Divergence exclusive en OU
Il n'y a aucun problème particulier.
Comme au dessus, je ne traite ici que les liaisons entre 5 et ses suivantes. |
 |
Si la divergence n'est pas exclusive (les deux réceptivités
peuvent être vraies en même temps), c'est un peu plus compliqué,
le mieux est de traiter les trois cas (l'une seule, l'autre seule, les
deux).
Convergence en ET
Je ne fais pas le schéma, il est évident : il faut que les
(deux en général) étapes précédentes
soient actives, et la réceptivité vraie, pour activer l'étape
suivante, celle ci désactivant les étapes précédentes.
Convergence simple en OU
 |
Vu le temps que je mets pour faire un schéma (le
seul outil dont je dispose est paintbrush, et comme je suis en vacances
je ne dispose que d'un portable à écran monochrome, nom parfaitement
choisi puisqu'il n'est même pas noir et blanc mais gris et gris),
je me contente de l'expliquer (ça vous fera un bon exercice). |
On allume 8 si (6 et a) ou (7 et b). On éteint 6 et 7 tant que l'on
a 8. Evidement ceci ne fonctionne que si l'on ne peut pas avoir simultanément
6 et 7 actives, mais j'ai bien dit (dans le titre ci-dessus) que je ne
traite que le cas simple, qui de plus se trouve être aussi le plus
courant.
Exercice récapitulatif
 |
Câblez ce Grafcet (il ne pose pas de problème
particulier). Ce Grafcet regroupe les différents cas de divergence
- convergence.
cliquez ici pour la solution |
Cas où cette méthode est mauvaise
Grafcet à deux étapes
Soit le Grafcet suivant, et sa réalisation d'après la méthode
précédente :
Quand 10 est actif (Q10) et bpauto vrai, en même temps on essaie
d'allumer 11 par S11 et de l'éteindre par R11. Même en prenant
une bascule à priorité déclenchement, l'état
de 11 sera celui du dernier signal sur ses broches, ce qui risque d'être
aléatoire.
Ici, la solution est simple : une seule bascule suffit.
Mais cet exemple montre bien le problème de ces câblages :
une étape désactive la précédente tant qu'elle
même est active, au lieu de ne le faire qu'au moment du franchissement
de la transition. |
 |
Le problème vient de la désactivation. Tous les composants
ne peuvent pas avoir tous exactement un même temps de réponse.
Donc puisqu'on active une étape quand la précédente
est active et la réceptivité est vraie, si simultanément
on désactivait la précédente il est possible que la
suivante n'ai pas eu le temps de s'activer avant que le signal ne disparaisse.
La solution choisie est sure, mais l'information de désactivation
est envoyée bien plus longtemps que nécessaire. Pour être
sûr du résultat il faudrait mémoriser (dans une bascule)
l'état de chaque transition. En réalisation électronique
ce n'est pas le prix qui poserait problème mais la complication
du circuit (déjà assez complexe sans cela). En réalisation
pneumatique ou électrique s'ajouterait le prix des composants.
mémorisation de la transition
Donc une solution respectant mieux les règles du Grafcet consisterait
à utiliser une bascule pour chaque transition. Elle est allumée
quand l'étape précédente et la transition sont vraies,
sa sortie active l'étape suivante et désactive la précédente.
Quand doit on éteindre la bascule représentant la transition
? Le problème reste donc entier. Une bonne solution est de le faire
quand le franchissement a été effectué, c'est à
dire quand la suivante est active et que la précédente ne
l'est pas. Attention, ce cas peut arriver sans que l'on soit passé
par cette transition (convergence en OU par exemple), mais dans ce cas
on éteint une transition qui l'était déjà,
ce qui n'est pas grave.
Faisons donc le schéma de passage entre une étape
5 et une étape 6, reliées par une transition de réceptivité
a :
Cette méthode permet de régler le cas où l'étape
5 risque d'être réactivée avant la désactivation
de 6.
On peut remarquer que l'on aurait obtenu à peu près
le même schéma en modifiant le Grafcet pour qu'il soit compatible
avec la première méthode, c'est à dire empêcher
qu'il y ait deux étapes successives actives en même temps
: il suffit d'intercaler une étape comme représenté
ci-contre. C'est une méthode qui permet d'avoir un Grafcet plus
proche du câblage, donc un câblage plus clair. |
 |
Exercice : Câbler le Grafcet
de la chaîne de remplissage
de bidons proposé dans mon document
présentant le Grafcet. Attention, en fonctionnement normal (tous
bidons présents), toutes les étapes du Grafcet sont actives
! Cliquez ici pour la solution.
Bascules synchrones
La méthode précédente peut encore dans certains cas
ne pas respecter la règle de simultanéité. Pour cela,
une seule solution : synchroniser le fonctionnement des composants. Pour
cela, il suffit de prendre la première méthode, mais d'utiliser
des bascules MS (ou JK, voir mon document
sur les bascules pour un peu plus de détails). Une bascule MS
prend en compte les commandes Set et Reset qu'on lui applique non pas immédiatement,
mais au prochain front montant de son entrée de synchronisation
(horloge). La désactivation d'une étape se fait plus simplement
: par la même information que celle qui active la suivante (les deux
seront prises en compte en même temps : au prochain front de l'horloge.
Il suffit de choisir une horloge suffisamment rapide pour ne pas ralentir
l'automatisme (en général ce point ne pose pas de problème
en P.C. électronique), mais plus lente que le temps de réaction
du composant le plus lent.
Faisons donc le schéma de passage entre l'étape
5 (d'action X) et l'étape 6, reliées par une transition de
réceptivité a :
On peut immédiatement voir que le schéma résultant
est grandement simplifié (je n'ai pas représenté l'horloge
qui doit être reliée à chaque bascule, comme l'alimentation,
plus la gestion de l'initialisation). On peut remarquer qu'une bascule
MS est en fait composée de deux bascules RS, et que cette méthode
revient à peu près au même que les autres modifications
que j'ai proposées (en plus sûr et plus clair). La principale
différence est que l'on fixe la durée de l'information de
désactivation par un signal d'horloge.



Patrick TRAU,ULP
- IPST,Août 97
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